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La crise de l'eau qui se profile à l'horizon est l'un des plus graves problèmes qui menacent le monde aujourd'hui selon l'Unesco. Si la population mondiale a triplé au cours du dernier siècle, la demande de cette précieuse ressource a, elle, plus que sextuplé dans le même temps. Les ressources en eau douce s'amenuisent, la pollution menace nos cours d'eau.
Forum Mondial de l'Eau : des résultats décevants
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences
C'est par un accord minimaliste que s'est conclu le cinquième Forum Mondial de l'Eau. La notion de droit à l'accès à l'eau n'a pas été retenue et les Etats ne s'engagent que sur des détails. Tout le monde semble toutefois d'accord sur un point : une telle réunion internationale devrait être organisée par les Nations Unies.
Au final, le cinquième Forum mondial de l'eau, qui vient de se terminer à Istanbul, et qui a rassemblé plus de 30.000 personnes, entreprises et décideurs politiques, n'a accouché que d'une petite souris. En gros, tous les pays s'accordent à dire que la gestion des ressources en eau constitue un problème grave pour les années à venir et qu'il faut s'en occuper. Plus précisément, les signataires disent vouloir assurer la « sécurité hydrique » et « économiser l'eau ». La formulation peut faire sourire mais elle marque déjà un progrès par rapport aux habitudes actuelles, qui visent surtout à augmenter la production d'eau disponible pour les particuliers, l'industrie et l'agriculture. Toutefois, les Etats présents n'ont pris aucun engagement ferme.
On retiendra un débat entre deux visions : celle d'un accès à l'eau potable considéré comme un droit pour chaque individu et celle d'une gestion des ressources hydriques vue comme une question économique et sociale. Tenants de la première idée, l'Espagne, la France, la Suisse, les Pays-Bas et certains pays d'Amérique latine ont cherché à inscrire ce « droit à l'eau » dans la déclaration finale et ont même rédigé une déclaration séparée. Mais le refus a été net de l'autre côté, notamment de la part des Etats-Unis et du Brésil.
Peu de réponses, mais, au moins, les bonnes questions ont été posées
La question des eaux transfrontalières, sensible, et qui était aussi le thème de la Journée Mondiale de l'Eau ce dimanche 22 mars 2009, n'a guère progressé. Elle a au contraire donné lieu à des échanges un peu vifs entre les représentants turcs et syriens, dont les pays se partagent (avec l'Irak) les eaux du Tigre et de l'Euphrate.
Beaucoup regrettent que ce forum ait été organisé par une structure indépendante, le CMS (Conseil Mondial de l'Eau). Cette réunion internationale, qui se tient tous les trois ans, est en effet née d'un salon professionnel et le CMS est présidé par le Français Loïc Fauchon, actuel président de la Société des Eaux de Marseille. Mais, au moins, cet événement international existe et, cette année, des questions importantes y ont été abordées.
Les débats de cette cinquième édition sont en effet allés bien plus loin que lors de la précédente session et il devient de plus en plus clair qu'un Forum mondial de l'eau, organisé cette fois dans le cadre des Nations Unies par le PNUE serait une bonne idée et pourrait conduire les pays à des engagements plus lourds.
La crise de l'eau touche aussi les pays riches
Source : WWF
Les crises de l'eau, considérées comme un problème touchant les pays les plus pauvres, affectent de façon croissante certaines des nations les plus prospères, déclare le WWF à l'occasion de la Semaine mondiale de l'eau à Stockholm (20-26août). L'Organisation Mondiale de Protection de l'Environnement vient de publier un nouveau rapport* « Rich countries, poor water » (« Pays riches, médiocres pour l'eau ») qui donne une vue d'ensemble des enjeux sur l'eau dans les pays développés.
Le rapport montre que la combinaison des changements climatiques, des épisodes de sécheresse et de la disparition des zones humides qui stockent l'eau engendre une crise mondiale, aggravée par l'inadéquation des aménagements et la mauvaise gestion de cette ressource. Le rapport se base sur des exemples pris en Australie, en Espagne, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et au Japon.
Dans les villes les plus assoiffées au monde, comme Houston et Sydney, le rythme de consommation de l'eau est bien plus élevé que celui de la reconstitution des réserves. A Londres, les fuites dues à un réseau de distribution vétuste sont estimées à l'équivalent de 300 piscines olympiques par jour. Dans les pays méditerranéens, la consommation d'eau à grande échelle liée au tourisme de masse et à l'irrigation de certaines cultures gourmandes en eau met en danger les ressources disponibles.
En France, « à la veille du deuxième passage de la loi sur l'eau au Sénat, le troisième épisode de sécheresse en quatre ans montre bien que la gestion de l'eau demeure un enjeu majeur et qu'il est indispensable de mettre en place une politique d'objectifs et de moyens cohérents visant à préserver le fonctionnement des milieux aquatiques et la ressource en eau », souligne Cyrille Deshayes, responsable Eaux Douces du WWF-France.
Quant aux pays émergents, « ils ont encore la possibilité de ne pas répéter les erreurs du passé et de s'épargner les coûts élevés qu'entraînent la restauration des écosystèmes d'eau douce détériorés », remarque Jamie Pittock, directeur du programme global Eaux Douces du WWF. Malheureusement, la majorité de ces pays a déjà été séduite par de grands projets d'infrastructures, sans qu'il n'y ait eu de réelle évaluation des besoins en eau ni de leurs coûts pour les populations et pour la nature. Au Brésil et en Chine, plusieurs projets de barrages suscitent l'inquiétude quant aux conséquences sur l'environnement et les populations. En Inde, l'agriculture est menacée par une surexploitation généralisée des ressources en eau.
Les problèmes liés à l'eau, qui touchent aujourd'hui tant les pays riches que les nations pauvres, sont des signaux d'alarme qui doivent nous rappeler notre devoir de protéger la nature, source de toute l'eau dont nous avons besoin. Le bien-être matériel et la multiplication des infrastructures ne mettent pas à l'abri contre les pénuries ou les pollutions, et ne constituent pas des substituts efficaces à la protection des cours d'eau et des zones humides, ni à la restauration des plaines inondables.
Cette Semaine Mondiale de l'Eau marque la nécessité pour les gouvernements de devoir trouver des solutions adaptées, pour les riches comme pour les pauvres, notamment en réparant les infrastructures vétustes, en réduisant la contamination des eaux et en modifiant les pratiques actuelles d'irrigation des cultures.
* rapport disponible à presse@wwf.fr
1 - Irrigation, maïs et sécheresse
D'après plusieurs articles d' Elisabeth Chesnais.
Un récent rapport du MNHN confirme que la France aura du mal à se conformer à la directive-cadre européenne sur l'eau. Aujourd'hui, 50 % à 75 % des masses d'eau sont fortement dégradées. En 2000, l'UE adoptait la directive sur l'eau donnant 10 ans aux états membres pour parvenir à un « bon état écologique et chimique » de leurs eaux. Le bilan réalisé en France, fin 2004, par les Diren les agences de l'eau est inquiétant. Si 25 % des masses d'eau sont classées en « bon état probable », il apparaît que 27 % des eaux n'ont pas été classées, car elles ne pourront jamais atteindre l'objectif fixé par l'UE pour 2015.
Dans un rapport publié le 6 juin 2005, le MNHN affirme que ce bilan est incomplet : les mesures ne portent ni sur les micropolluants (dioxines, phtalates...) ni sur les polluants microbiologiques favorisés par la dégradation des milieux aquatiques (bactéries, champignons, prions, virus...). La loi sur l'eau, ne devrait pas changer la donne : le principe du pollueur-payeur n'y a pas été inscrit !
Cette loi refuse de s'attaquer aux pollutions agricoles de l'eau par les nitrates et les pesticides. En laissant carte blanche aux cultures d'irrigation, il laisse aussi se généraliser les grandes sécheresses de l'été.
Carte de la sécheresse de 2008
Le consommateur, qui paye plus de 80 % du budget des agences de l'eau, se voit reconduit dans le rôle du financeur des programmes de traitement de la pollution agricole et reste démuni face à la dégradation de la qualité de l'eau potable.
La Charte de l'environnement demande à chacun de « contribuer » à la réparation de sa pollution. Le projet de loi, lui, vient proposer une conception parfaitement grotesque de cette « contribution » : le secteur agricole financera 4% du budget des agences de l'eau alors qu'il est responsable pour plus de la moitié de la pollution des ressources aquatiques.
Pour distribuer une eau potable, il faut donc traiter. C'est en partie ce qui explique la flambée des factures d'eau et du prix du mètre cube. Pour freiner l'utilisation abusive d'engrais, à l'origine de cette pollution, les projets de loi sur l'eau élaborés par les ministres de l'Environnement successifs instituaient une taxe sur l'azote afin d'inciter le monde agricole à la modération.
L'inventaire 2002 (dernier publié) n'échappe pas à la règle : 80% des rivières et 57% des nappes souterraines sont contaminées par les pesticides. Seul point positif, les captages d'eau potable restent majoritairement protégés. Toutefois, 25% des prises d'eau contrôlées examinées par l'Ifen et destinées à la consommation nécessitent un traitement spécifique de pesticides. Bref, à lire ces résultats, difficile de croire aux efforts que la profession agricole et l'industrie des phytosanitaires assurent réaliser pour réduire la pollution de l'eau.
Eté 2005 La sécheresse et les agences de l'eau
La sécheresse est localisée dans les régions d'Aquitaine, du Midi-Pyrénées, des Pays de Loire, du Poitou-Charentes et PACA. Ces régions concentrent l'irrigation agricole et, notamment le maïs. Dans le S-O l'irrigation agricole représente plus de 90 % de la consommation totale d'eau en été soit au total 1 milliard de m3. Un constat hallucinant mais lucide s'impose : la carte de la sécheresse se confond avec la carte de l'irrigation agricole.
Ainsi, 44 % du mais grain français est cultivé en Aquitaine, en Midi-Pyrénées et en Poitou-Charentes, et 40 % du maïs fourrage français est produit en Pays-de-Loire et en Bretagne. Si l'on se penche, par exemple, sur l'agriculture du Midi-Pyrénées, on constate que les trois-quarts des surfaces irriguées dans cette région sont consacrés au maïs.

Les maladies potentiellement transmises par l'eau sont nombreuses et nous ne traiterons, ici que de quelques maladies infectieuses, les intoxications étant laissées de côté. 15 morts par minute dans le monde à cause de la mauvaise qualité de l'eau.
Nous prendrons 4 exemples : le paludisme, le choléra, la leptospirose et quelque chose de tout à fait bénin le cercaire du canard.
1 - Le paludisme

Anophèle, Larousse
agricole
Le paludisme est transmis par la femelle de l'Anophèle. Le parasite développe un cycle très particulier et compliqué dans l'organisme humain pour une part et dans le moustique pour une autre part.

Anophèle et autres moustiques, positions de
repos
Avec la généralisation de la chloroquinorésistance à la plupart des pays africains, deux types de paludisme peuvent s'observer dans le cadre d'une infection à Plasmodium falciparum, le "paludisme infection" et le "paludisme maladie".
Cycle du Plasmodium
Le cycle de Plasmodium est comporte deux étapes essentielles : un cycle asexué chez l'homme, et un cycle sexué chez le moustique. L'anophèle femelle injecte à l'homme le parasite sous forme de "sporozoïte". Celui-ci migre, par la circulation sanguine, vers le foie. Il pénètre dans la cellule hépatique, se divise activement pour donner naissance, en quelques jours, à des milliers de nouveaux parasites : les "mérozoïtes". La cellule du foie éclate en libérant ces parasites dans le sang: ils pénètrent à l'intérieur des globules rouges et se multiplient. Lorsque ces derniers éclatent, les mérozoïtes infectent de nouveaux globules rouges. A chaque cycle des mérozoïtes, des parasites sexués mâles et femelles (gamétocytes) sont formés à l'intérieur des globules rouges. Lorsqu'un moustique pique une personne infectée, il ingère ces gamétocytes, qui se transforment en gamètes. Leur fécondation engendre un zygote, qui se différencie en oocyste dans le tube digestif du moustique. Les oocystes produisent des sporozoïtes, qui migrent vers les glandes salivaires. Un nouveau cycle peut alors commencer. Les rechutes tardives sont dues à la possibilité de subsister sous une forme latente ("hypnozoïte") dans la cellule hépatique de l'homme.
-- L' infection
On emploie ce terme pour des porteurs asymptomatiques d'hépatozoaires. Le niveau de la parasitémie circulante est souvent faible, 10 000 hématies parasitées par microlitre (HP/µl). Cette parasitémie circulante, trop faible pour être symptomatique, peut disparaître spontanément grâce aux défenses cellulaires du sujet ou évoluer vers ou "paludisme maladie".
-- La primo-invasion
Après une incubation de 7 à 20 jours ou plusieurs mois, le sujet présente brutalement des frissons accompagnés de sueurs, de céphalées, parfois de troubles digestifs à type d'anorexie, de nausées, de vomissements, voire de diarrhée. Cette fièvre peut persister ou être entrecoupée de phases de trêve de 24 heures. Au cours de cet accès palustre, la réalisation d'un frottis sanguin permet le diagnostic en identifiant l'hématozoaire. La densité parasitaire est comprise entre 1 000 et 10 000 HP/µl.
Des formes cliniques nouvelles atypiques, sont apparues ces dernières années avec l'extension de la chimiorésistance.
- Le paludisme grave
Il survient en priorité chez des sujets non immuns : enfants, femmes enceintes, voyageurs. Il regroupe plusieurs situations :densité parasitaire supérieure à 5 p. 100 (> 250 000 HP/µl), anémie sévère : hémoglobine < 5 g/dL, hématocrite < 20 p. 100, ictère clinique ou élévation de la bilirubine totale 50 µmol/l, chute de la diurèse (< 400 ml/j), élévation de la créatininémie (265 µmol/l), hyperthermie 40,5 °C, infections associées : bronchopneumopathies, septicémies, hypoglycémie < 2,2 mmol/l, collapsus ou chute tensionnelle, hémorragies viscérales ou des muqueuses, notamment rétiniennes, des troubles digestifs : diarrhée, vomissements …
L'expression majeure de ces formes graves est représentée par toutes les manifestations neurologiques associées à l'infection à Plasmodium falciparum : altération de la conscience, convulsions, déficits focalisés, un coma profond. Quand il est installé, le neuropaludisme a un pronostic redoutable, avec un taux de mortalité élevé (20 % à 30 %).
Frottis sanguin du paludisme
-- Manifestations cliniques des autres espèces plasmodiales
L'accès palustre est observé également avec Plasmodium vivax, Plasmodium ovale et Plasmodium malariae. Il revêt les mêmes aspects qu'avec Plasmodium falciparum, mais l'évolution est toujours bénigne et spontanément résolutive.
L'accès fébrile peut se répéter selon un rythme variable en fonction de l'espèce et très particulières à Plasmodium vivax et à Plasmodium ovale sont les rechutes tardives, plusieurs mois ou plusieurs années après le retour d'une zone d'endémie. Elles s'expliquent par la persistance au niveau du foie d'une forme du parasite.
2 - Le choléra
Le choléra est une toxi-infection intestinale grave, hautement contagieuse, causée par une entérotoxine de Vibrio cholerae, qui a colonisé l'intestin grêle. Principaux symptômes : vomissements spontanés, diarrhée brutale abondante et aqueuse entraînant déshydratation extrême, une perte d'électrolytes et une augmentation de l'acidité sanguine. Les selles sont liquides, afécales, incolores et inodores ; elles ont l'aspect "d'eau de riz". Après la mise en place rapide d'une réhydratation qui maintient le malade en vie, la diarrhée va se poursuivre pendant 2 à 4 jours (50 à 100 par jour) puis céder spontanément. Ordinairement, les diarrhées précèdent les vomissements. Les vomissements sont également aqueux.
Le traitement bien conduit entraîne guérison dans 99 % des cas. Ce traitement tend actuellement à un accompagnement antibiotique (tétracycline) qui permet l'élimination rapide des vibrions.
Dans les cas graves, il y a perte rapide de liquide et d'électrolytes des voies gastrointestinales : cela entraîne un état de choc (collapsus), une acidose métabolique et, en l'absence de traitement, la mort en 24 à 48 H (parfois 12 H).
Le choléra peut se manifester également sous des formes moins sévères voire sous forme d'entérites banales, généralement non diagnostiquées, qui contribuent à la dissémination des germes.
Les humains sont les seules hôtes naturels de Vibrio cholerae. L'eau joue un rôle important dans la transmission du choléra dans les campagnes où cette maladie est endémique. La contamination directe des aliments avec des selles (excrétées par des personnes malades ou porteurs sains) est aussi un facteur important de transmission. Les mouches jouent un rôle considérable dans la dissémination des vibrions. Les produits de la mer (coquillages, crabes, langoustes, mollusques) et le poisson peuvent être contaminés. Les pommes de terre, asperges, oeufs peuvent être contaminés.
-- Epidémiologie du choléra
C'est un bâtonnet court, gram -, légèrement incurvé (en virgule) et très mobile (en flèche) grâce à un flagelle polaire, de 2 à 3 um x 0.3 um, isolé en paire ou amas, donnant l'aspect de bancs de poissons. Aéro-anaérobie.

Vibrion
cholérique
Au XIXe siècle, 6 pandémies mondiales ont causé la mort de centaines de milliers de personnes en Asie, en Afrique et en Amérique. Presque toutes ces pandémies se sont répandues à partir des foyers traditionnels localisés au Bangladesh et en Inde (delta du Gange).
Chloréa en 1885 à Chicago
A partir de 1925, le choléra régresse, reste cantonné à l'Inde avec des incursions périodiques dans certains pays d'Afrique et d'Asie.
En 1961 débute la 7eme pandémie mondiale, des cas apparaissent à Hong-Kong, puis dans la presqu'île de Macao. Une flambée se manifeste dans les îles Philippines, faisant 2000
morts. En 1962, Formose (Corée). De nombreux foyers en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge, et dans le Pakistan Oriental, en 1964, le Vietnam du Sud. L'impitoyable marche vers l'Ouest se
poursuit, pour apparaître en Irak en 1966. Des milliers de cas sont recensés chaque année, mais seulement quelques-uns en Europe, en Italie en 1973, 278 individus, 25 morts. Au Portugal en 1974,
2467 personnes avec 48 cas mortels. 37 cas en France en 1987. L'origine strictement hydrique de l'infection était parfaitement démontrée.
En 1991, un mois après que la septième pandémie de choléra (janvier) ait frappé la côte pacifique du Pérou, le choléra a atteint la côte et les Andes. La maladie menace les Caraïbes, le bassin
amazonien et la côte atlantique. Elle sévit aussi en Afrique : Niger, Tchad, Mali. 391 000 cas et 4 000 morts ont été comptabilisés depuis le début de l'épidémie.
Le choléra peut aussi se transmettre dans des aliments consommés dans des pays développés. A titre d'exemple, les 13 cas recensés à Hong-Kong en 1997 après consommation de cuisses de poulets. La particularité de ce choléra était qu'il s'agissait d'un germe particulièrement résistant aux antibiotiques. Cela doit servir d'avertissement à ceux qui s'estiment à l'abri du problème du quart-monde.
-- Prévention du choléra
Une hygiène personnelle et soigneuse (mains propres). Purification de l'eau et empêcher toute contamination par les égouts. Elimination des mouches et traitement des patients.
Le vaccin anticholérique, fait de vibrions tués par la chaleur, procure une certaine protection, mais il est peu efficace car il n'assure une protection que pour une durée de 6 mois à 1 an et protège seulement 50 à 60 % des sujets vaccinés. Le traitement associe antibiothérapie et perfusion. Les perfusions évitent la déshydratation et la déminéralisation de l'organisme. L'antibiothérapie assure la destruction des germes, et évite que le malade devienne un porteur chronique.
Un nouveau vaccin existe, qui confère une immunité plus longue, mais n'est pas encore appliqué largement.
3 - La leptospirose
La leptospirose est une anthropozoonose c'est à dire une maladie animale transmissible à l'homme. Elle sévit dans le monde entier particulièrement en Asie, en Amérique latine et en Afrique. La leptospirose est aussi présente en Europe, notamment en France avec des régions particulièrement touchées comme les DOMTOM, l'Ile de France, l'Aquitaine, les Pays de Loire, le Nord Pas de Calais. Cette maladie infectieuse est provoquée par une bactérie, un spirochète, du genre Leptospira qui vit essentiellement parmi les rongeurs mais aussi dans les zones où il y a de l'humidité et de l'eau. La transmission se fait surtout par contact avec les milieux souillés, par les animaux infectés.
La leptospirose est reconnue comme maladie professionnelle chez des travailleurs exécutant de façon habituelle certains travaux et qui doivent bénéficier d'une vaccination systématique. C'est le cas notamment du personnel de traitement des eaux usées, des personnes travaillant dans les abattoirs, des pisciculteurs, des pêcheurs. Et il ne faut pas oublier les personnes pratiquant des activités de loisirs qui contractent de plus en plus souvent la leptospirose. Cette dernière catégorie est en effet responsable de 75 % des 1 000 cas déclarés en 1996. En 2000, le nombre de personnes atteintes de leptospirose en France était de 534. Par rapport aux années précédentes, ce chiffre est en baisse, à la fois en métropole et dans les régions d'outre mer. L'endémie prédomine à la période estivo-automnale.
-- L'agent infectieux

Rein - Leptospirose
L'agent responsable de la leptospirose est une bactérie du genre Leptospira qui vit essentiellement parmi les rongeurs mais aussi dans les zones humides. Le genre Leptospira appartient à la famille des spirochètes. Les animaux rejettent les bactéries Leptospira dans le milieu par leurs urines. L'homme se contamine le plus souvent par contact au niveau d'une plaie. Les morsures ne jouent pas un rôle direct dans la contamination de l'homme (elles sont cependant à l'origine de plaies). Par la suite, les bactéries passent dans le sang, elles se multiplient puis gagnent la rate, le foie, le cerveau et d'autres organes. Les lésions les plus précoces sont les lésions des endothéliums vasculaires.
-- Symptômes, diagnostic et prévention
-- La période d'incubation de la maladie est d'environ 15 jours. Les premiers symptômes associent fièvre, frissons, douleurs musculaires et céphalées. En quelques jours les signes évoluent avec des atteintes viscérale, hépatique (ictère), rénale (insufisance rénale fonctionnelle) voir une méningite hémorragique (saignements diffus). Les formes graves associent : insuffisance rénale aiguë, atteintes neurologiques (convulsions, coma) et des hémorragies sérieuses pulmonaires, digestives. Le tableau clinique présente une phase intermédiaire vers J10 avec apyréxie et diminution de l'ictére et une réaggravation fébrile vers J15. Actuellement, la mortalité est de 2 à 5 %.
-- Le diagnostic est difficile si on n'évoque pas la notion de risque. Il passe par la recherche de germes donc par l'isolement de la leptospire dans le sang (hémoculture) au cours des cinq à sept premiers jours, dans le liquide céphalo-rachidien, dans les urines à partir du 12ème jour. On peut également faire un examen sérologique qui correspond à la recherche d'anticorps.
-- Traitement : il nécessite une hospitalisation en raison du risque rénal ( insuffisance rénale dans 25 % des cas ). L'antibiothérapie n'est efficace que s'il est administré précocement, avant l'apparition des signes hémorragiques. Elle diminue le risque de complication mais ne modifie guère l'évolution. La convalescence est longue mais généralement sans séquelles.
-- Prévention : l'hygiène. Elle repose sur l'information des personnels à risque, la lutte contre les rongeurs, l'assainissement des berges des cours d'eau, le contrôle des eaux de baignade, le nettoyage des locaux infectés et des règles générales d'hygiène surtout dans les professions exposées à la maladie. Ces règles passent par le lavage systématique des mains (le port des gants est recommandé), éviter de manger ou boire dans l'animalerie, changer quotidiennement de tenue de travail, éviter de manipuler de l'eau douce à mains nues. La lutte contre l'infection des animaux domestiques permet également d'éviter la contamination de l'homme.
-- Prévention médicale : vaccination. La vaccination n'est malheureusement efficace que contre un seul type de leptospire, le Leptospira icterohemorragiae responsable de la leptospirose ictérohémorragique. La vaccination ne protège donc pas contre les autres formes de leptospiroses.
4 - Le cercaire du canard
Il s'agit, ici, d'un parasite du canard transmissible accidentellement à l'homme et qui donne ce que l'on appelle la dermatite du baigneur.
Tadome © C. König
La dermatite du baigneur est une affection cutanée causée par de petites larves que l'on retrouve dans certains lacs. Ces petites larves portent le nom de «cercaires ». Elles sont petites, il est presque impossible de les voir à l'oeil nu. Lors de la baignade, les cercaires se collent à votre peau jusqu'au moment où vous sortez de l'eau. Sous l'action du soleil, la peau s'assèche et les cercaires piquent votre peau pour y pénétrer. Elles y meurent ensuite. La présence de cercaires dans l'eau de baignade provient d'oiseaux aquatiques porteurs de parasite. Le tout débute avec les excréments des oiseaux qui entraînent la contamination des escargots (Limnées) en bordure du rivage. À partir des escargots, des cercaires sont libérées et retournent contaminer les oiseaux aquatiques. Malheureusement, les cercaires ne font pas la différence entre les oiseaux et les baigneurs. C'est ainsi que les baigneurs se font piquer accidentellement.
Cycle du cercaire du canard
La dermatite du baigneur provoque des désagréments pour ceux qui en sont atteints : peu de temps après la baignade, de petites plaques rouges apparaissent sur la peau; ces plaques peuvent toucher toutes les parties non couvertes du corps qui ont été en contact avec l'eau; quelques heures plus tard, les plaques rouges se gonflent pour ressembler à des piqûres d'insectes; des démangeaisons plus intenses apparaissent ensuite, et peuvent durer plus de dix jours. Elles se résorbent toutefois généralement en une ou deux semaines; chez certains individus, une infection mineure de la peau peut se produire.
-- Prévention Évitez, si possible, les plages où des cas de dermatite du baigneur ont été rapportés.En sortant de l'eau, séchez votre peau en la frottant vigoureusement avec une serviette. Il faut en effet éviter de laisser la peau s'assécher au soleil ou à l'air libre.Évitez d'abord de vous gratter car cela pourrait provoquer une infection de la peau. Malgré l'apparition d'éruptions cutanées et de démangeaisons, la dermatite du baigneur ne représente pas un danger important pour la santé. La dermatite du baigneur ne se transmet pas d'une personne à une autre. Il n'y a aucun lien entre la dermatite du baigneur et le degré de pollution de l'eau.
5 - Autres maladies liées à l'eau
Il y a bien entendu une foule d'autres maladies liées à l'eau, chez nous mais surtout dans les pays en voie de développement. J'en donnerai une liste non exhaustive pour terminer ce chapitre. Les nombres entre parenthèses donnent une idée de la morbidité, chiffres OMS
Transmises par l'eau ou dues à un défaut d'ablutions (dû à la rareté de l'eau) :
-- Choléra, diarrhées ( 1,5 milliard) , salmonellose, shigellose, rotavirus, amibiase, giardiase, thyphoïdes et parathyphoïdes ( 1 million ), poliomyélite, ascaridiase ( 1 milliard de cas, 1 million de malades), trichocéphalose…
Infections cutanées et oculaires :
Trachome ( 6-9 millions d'aveugles), leishmaniose (400000 nouveaux cas/an), fièvre récurrente…
Maladies à support hydrique
Par pénétration de la peau : schistosomiase ou bilharziose (200 millions)
Par ingestion : ver de Guinée ou dracunculose ( millions)
Insectes vecteurs aquaphiles :
trypanosomiase ou maladie du sommeil, filariose (90 millions), fièvre jaune, dengue ( 30-60 millions d'infections par an)…
Bidonville
Ceci fait réfléchir sur l'urgence et la nécessité de préserver la qualité de l'eau qu'on a et d'améliorer la qualité de l'eau des pays en voie de développement.
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